Villa Gallo-Romaine

Villa Gallo-Romaine

LA VILLA GALLO-ROMAINE DE SAINT-MARTIN

La villa de Saint Martin a été mise au jour lors d’une campagne de fouilles de 1996 à 1999 par le Centre Archéologique du Var.
Cette « villa » a vu se perpétuer 8 siècles d’occupation.
Cette occupation, sur une si longue période, a subi plusieurs transformations. Ces modifications ont pu être retrouvées lors des fouilles.
Il y eut 5 périodes d’occupation entre le 1er siècle avant Jésus Christ et le début du VIIème siècle après Jésus Christ.
La phase I: est l’occupation primitive du site au Ier siècle avant JC.
Il est composé d’une population indigène, c’est un habitat groupé qui coexiste avec le proche oppidum du Fort. Un des éléments originaux est la présence de vestiges d’activités artisanales méconnues pour des sites de la plaine en cette période. La maie de pressoir en grés est la plus ancienne connue en place dans le Var.
La phase II: correspond à une ferme crée durant la dernière décennie du Ier siècle avant JC.
Elle appartient pendant la période Augustéenne à un vétéran de Fréjus : Publius Varius.
Pendant la période Julio Claudienne à Publius Valèrius et son fils, originaire de Génes et membre de la tribu des Aniensis de Fréjus.
De la phase III à la fin de la période Flavienne date l’importance de la Villa.
Une grande partie résidentielle avec un bassin d’agrément de 7m50 sur 2m50 contenant environ 15300 litres, entouré de jardins. Les pièces d’habitation s’ouvraient sur la galerie qui entourait le bassin dont le Triclinium, au sol richement décoré sauf .à l’emplacement des couchettes. Les Thermes indépendantes de la Villa, qui date de la fin de l’époque Flavienne avaient Caldarium, Tepidarium et Frigidarium ainsi qu’une Cella Soliaris et étaient chauffés par un Praefurnium et un canal de chauffe en sous sol. Certaines pièces de la Villa devaient être très richement décorées, le nombre et la variété des fragments de marbre l’atteste : marbre blanc de Carrare, marbre rouge de Chios, porphyre rouge d’Egypte, porphyre vert de Laconie porphyre gris de l’Estérel, etc…
La phase IV est celle des grands remaniements dont les bâtiments résidentiels de la Villa sont l’objet dans la deuxième moitié du IIème siècle après Jésus Christ et qui les transformèrent en un grand établissement agricole à vocation oléicole et vinicole.
Saint Martin est le seul exemple dans le Var attestant d’une production oléicole et vinicole continue de la deuxième moitié du IIème siècle après Jésus Christ jusqu’au début du VIème siècle après Jésus Christ. Ces installations agricoles sont construites alors que sont abandonnées celles des fermes environnantes, ce qui traduit une réorganisation de la production agricole au sein d’un même et grand domaine. Le moulin hydraulique de Saint Martin ( construit sur l’ancien bassin d’agrément), avec roue horizontale est le seul de ce type connu durant l’Antiquité ou le Haut Moyen Age, dans le Var.
Trois installations vinicoles sont construites, avec chacune, fouloirs, pressoirs, dolium, et cuves dont les plus grandes pouvaient contenir 2700 à 3800 litres. Certaines cuves de vinification pouvaient recevoir directement par simple gravitation le mout qui sera rapidement transvasé dans les dolias ou s’effectuera la fermentation. On a retrouvé la partie basse de deux foyers d’un Defrutarium sur lesquels étaient posés les chaudrons dans lequel était fabriqué le Defrutum : le mout de raisin y était chauffé et en réduisant augmentait ses proportions en sucre. En rajoutant le Defrutum au mout de raisin fraichement pressé on renforçait son titre en sucre avant le début de la fermentation et on pouvait ainsi éviter une évolution naturelle vers l’acide acétique.
L’installation oléicole était moins importante, mais était complète. La Mola Olearia était à proximité du pressoir à arbre avec contrepoids, l’huile pouvait s’écouler par simple gravité dans les cuves.
On a retrouvé dans l ‘atelier du forgeron une pince à feu en fer !
Un puit de 0,80m de diamètre est creusé dans la cour et devait donner de l’eau a boire à l’établissement agricole.
La phase V : Les installations vinicoles, le moulin à huile et le moulin hydraulique ne sont plus utilisés. L’aqueduc qui amenait une partie de l’eau est détruit et une partie de ses éléments sont réutilisés dans de nouvelles constructions qui abritaient une population rurale importante ayant une activité agropastorale liée à la présence d’un élevage de gros bétails comme les bovins et les équidés ou de plus petits ovins ou caprins.